Oscillation du bateau Houézèhoué : La Renaissance du Bénin amorce sa descente aux enfers

Publié le par LE BENIN DOIT CHANGER

nicephore_soglorosine_soglo Il est imparable voire irréversible qu’à l’allure où évolue la situation de crise au sein du parti de la Renaissance du Bénin, le navire Houézèhoué dandine. Il tangue, tangue encore et continue de tanguer sérieusement, ces jours-ci, au gré de la nouvelle de démission de son leader charismatique, Nicéphore Soglo de la présidence d’honneur du parti. Nul ne peut alors denier le droit à tout analyste politique averti de présager de la descente aux enfers imminente de cette formation politique, à moins que quelque chose se fasse dans un délai raisonnable pour sauver les meubles, 2011 en dépend.


On le sait. La Renaissance du Bénin est en proie, ces jours-ci, à un drame à la fois familial et politique. Au regard de la démission annoncée ce dimanche de Nicéphore Soglo de la présidence d’honneur du parti. Drame familial parce que Soglo père et Rosine mère ne veulent pas s’entendre sur le minimum à cause de l’une de leur progéniture qu’est le ministre Galiou. C’est aussi un drame politique lorsqu’on sait que cela se passe au sein de la Rb, une organisation d’obédience politique. Amorçant ainsi l’étape le plus critique de son historique, la Renaissance du Bénin, quoi qu’on dise, est en passe d’être flagellée dans le paysage politique, sauf si les positions arrivent à être conciliées d’un jour à l’autre. Mais pour l’heure, les opinions s’accordent à dire que la mort du parti est imminente. En effet, des sources proches de l’entourage de la dame de fer, Rosine Soglo est soupçonnée de faire preuve d’ouverture vers le pouvoir du Dr Boni Yayi. En clair, elle est proche de Yayi. De même, elle refuserait de céder à la moindre procédure d’exclusion de son fils chouchou Galiou du parti.


Les Soglo, otages de leurs enfants

ganiou soglo 11  A ce niveau, il y a un véritable paradoxe du moment où l’intéressé réclame tous les jours que Dieu fait son appartenance à la Rb et de surcroît représente l’ombre du parti au sein de l’équipe gouvernementale. De son côté, Nicéphore Soglo, qui au fil des évènements politiques, est parvenu à encrer dans le subconscient des Béninois qu’il aime beaucoup plus Léhady, le poste de 1er adjoint au maire de la ville en témoigne surtout. Il cautionnerait une éviction d’emblée du ministre de la culture et de l’alphabétisation du parti. Lorsqu’on se réfère au parcours politique des deux jeunes, tout porte à croire qu’il y a une rivalité latente entre Galiou et Léhady. L’indicateur le plus probant en la matière est la guerre de logo de la Rb qui avait amené Léhady à assigner en justice Galiou alors que le pays était sous les feux de la rampe, en pleines campagnes présidentielles en mars 2006. A cela s’ajoutent des informations de plus en plus persistantes qui font état de ce que Léhady œuvre depuis peu pour que la présidence du parti lui revienne d’office. Dans cet élan, il serait entrain de mobiliser les barons du parti de son côté. Il bénéficierait dans ce sens de l’onction de son père Soglo. Avec la démission tonitruante annoncée de Nicéphore, ce projet est bien évidemment en passe de prendre de l’eau. Sans doute, deux versions s’opposent.


La Rb, un parti en sursis


D’un côté, on indique que si Soglo n’est plus président d’honneur, cela suppose qu’il quitte le parti en entier. Et c’est ce que dit concrètement la première version. La deuxième fait état de ce qu’il demeure membre de la Rb quand bien même il voudrait lâcher le poste du président d’honneur. Mais les instances du parti ne sont pas prêtes à le laisser partir si l’on s’en tient aux propos du Sg Georges Bada. Dans un cas comme dans un autre, la Rb connaît la crise qui risque de signer son implosion imminente. D’abord Nicéphore Soglo est le leader charismatique du parti. Cela voudrait signifier que c’est autour de lui que s’agglutinent les militants. Toutes les actions se fédèrent également autour de l’homme. Pour tout dire, la Rb depuis sa création vent l’image de Soglo. Le laisser partir de cette façon serait et pour le sommet de la Rb, et pour la base du parti une apocalypse de l’ère du Changement.

Ensuite, nombreux sont d’autres barons qui vont vouloir lui emboîter le pas. Il s’agit de ceux-là qui n’ont jamais apprécié toutes les gymnastiques et contorsions intellectuelles qui frisent la ruse politique susceptible de non seulement propulser Léhady à la tête du parti mais le positionner en tant candidat de la Rb pour 2011. Cet appétit glouton pour les joutes électorales de 2011 que Léhady mijoterait de façon souterraine ajouté à tout ce qui précède, il est incontestable que le démon de la division l’emportera. Résultat, la Rb ira en lambeaux pour ne pas dire voler en éclat. Et seul le Dr Boni Yayi pourrait en tirer le meilleur dividende quand on sait que cela apporterait à son électorat une caution quantitative, un « gris-gris » dont il a besoin pour voir son mandat prolongé en 2011. Il est donc urgent que les uns et les autres ramènent la balle à terre. Les observateurs croisent les doigts et attendent de voir la suite.


Ishola DJIGUIN

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