APPARTENANCE A LA MOUVANCE OU A L’OPPOSITION : La Rb toujours à la croisée des chemins
Passer à la mouvance présidentielle, ou rompre avec cette alliance contre-nature qui la retient dans les liens tordus d’une opposition à laquelle elle donne l’impression de n’être pas encore réellement intégrée?
Cette interrogation doit bien turlupiner la Renaissance du Bénin et les Soglo en ce moment. Normal, lorsqu’on se sent mal à l’aise au sein d’un groupe où, pour diverses raisons, on se trouve contraint de souffler le chaud et le froid, avec des velléités d’indépendance qui embarrassent les coéquipiers et mettent en péril la cohésion dudit groupe. Et, en pareilles circonstances, le malaise est d’autant plus accentué qu’on se sent épié et indexé par les autres comme l’élément gênant, une espèce de corps étranger accepté bon an mal an, juste parce que l’on en attend des avantages, éventuellement.
Le contexte dans lequel évolue l’alliance de la Rb de Mme Rosine Soglo avec les trois autres formations politiques du G4 n’est pas autre chose que celui décrit ci-dessus. La présidente de la Renaissance du Bénin a déjà montré et démontré à maintes reprises que son appartenance à ce groupe ne l’y attache pas pieds et poings liés. La liberté de parole et d’action qu’elle a toujours revendiquée se passe de tout commentaire aujourd’hui, ce qui lui permet d’entreprendre les démarches de son choix et de prendre des initiatives susceptibles de faire grincer des dents ses alliés.
On peut parier en effet que la visite du président de la République à Mme Soglo a dû créer queques frictions chez ses alliés du G14. Car, même si on suppose que le motif officiel d’une telle politesse aux Soglo est apolitique, il n’est pas exclu que ce déplacement de Boni Yayi récèle des intentions sous-jacentes, certainement bien comprises de ses hôtes.
La visite du chef de l’Etat hier à l’honorable Rosine Soglo s’est faite discrète, incognito, secrète. Sans tambour ni trompette. Cette option ne peut être lue simplement comme une manière de donner peu d’importance à l’événement. Car, qu’on le veuille ou non, ce n’est pas un non-événement. La discrétion pourrait s’expliquer également, et peut-être surtout, par le fait d’éviter les chasseurs de détails, véritables fouilleurs de poubelles à l’affût de sensations.
Et pourtant, la rencontre de Boni Yayi avec Rosine Soglo ne peut manquer de côté sensationnel, pour des raisons évidentes connues de tous. Soit les deux personnalités se rencontrent pour peaufiner un éventuel projet secret d’accord pour l’entrée de la Renaissance du Bénin dans le gouvernement au grand dam du G4 ; soit Yayi est porteur d’un message politique qui pourrait intéresser les Soglo, qui affichent depuis toujours une position non tranchée vis-à-vis du pouvoir .
Dans tous les cas, il est difficile de concevoir que Boni Yayi ait rendu à Rosine Soglo une visite empreinte de tant de discrétion, simplement par courtoisie, et parce qu’elle revient d’un séjour sanitaire en Europe.
C’est dire que la politique a dû avoir sa part dans les échanges. Et si cela a pu être le cas, c’est la preuve que la Renaissance du Bénin demeure à la croisée des chemins, et continue de chercher la voix la meilleure, la meilleure porte de sortie pour ses visées politiques, présentes et futures.
Sébastien DOSSA
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