Election présidentielle : Pierre Osho en lice pour 2011

Publié le par LE BENIN DOIT CHANGER

L’ancien ministre du général Mathieu Kérékou, Pierre Osho, sera sur le starting-block en 2011, à moins d’un revirement de dernière heure. Les ingrédients de sa candidature se rassemblent déjà, selon des sources dignes de foi. En outre, la manifestation organisée à Natitingou récemment, à l’occasion de laquelle sa candidature a été suscitée, fait partie des signes qui ne trompent pas sur la concrétisation prochaine de cette candidature.  

Pierre Osho, ancien ministre de Mathieu Kérékou sous le régime révolutionnaire et sous le renouveau démocratique renoue, à pas feutrés, avec la scène politique qu’il a quittée dans des conditions qui, évidemment, laissaient croire qu’il n’avait pas encore pris la décision de sa retraite politique. Ceux qui, à l’époque, ont eu ce sentiment n’étaient pas passés pour autant à côté ; car, depuis quelque temps, des rumeurs de plus en plus persistantes, voire des affirmations par endroit, font état du retour sur ses pas de M. Osho ; après sa démission fracassante de son poste de ministre au soir du règne de Kérékou ; démission à l’issue de laquelle il s’est emmuré dans un silence sans nul doute stratégique, le temps d’un rebondissement merveilleusement mijoté. Aujourd’hui, la réapparition de l’homme, qui a choisi la ville de Natitingou pour s’annoncer, est la preuve irréfutable de ce qu’il a pris l’option de refaire le chemin à l’envers ; un come back qui ne peut s’opérer raisonnablement que dans la perspective des échéances électorales de 2011, rendez-vous électoral que, d’après nombre d’observateurs, les figures de proue de la classe politique béninoise tiendraient à honorer pour la plupart.

La manifestation ayant eu pour cadre la ville de Natitingou il y a quelques jours, au cours de laquelle les Béninois ont pu voir des compatriotes exalter Pierre Osho en l’invitant à se positionner pour la présidentielle de 2011, est largement suffisante pour permettre à quiconque de décrypter le message ; et de l’analyser sous les coutures qui s’imposent, en puisant dans la tradition des appels à candidature politiques et des candidatures suscitées. Le cas Osho n’aura rien de particulier par rapport à ceux déjà connus, dès lors que les scénarios en la matière sont pratiquement identiques, et identifiables par leur méthode, leur mode d’emploi et leur mode opératoire.

Des signes qui ne trompent pas

Pierre Osho, toute proportion de prudence gardée, sera-t-il donc sur le starting-block en 2011 avec les autres concurrents éventuels ou potentiels ? La réponse, tout de go, doit être l’affirmative. Tout au plus, si l’on tient à laisser à la prudence et au doute la marge qui leur revient dans l’évocation de cette candidature, pourrait-on leur concéder le temps qui sépare encore de la réalité les rumeurs actuelles, en admettant pour l’heure, que les bruits persistants qui continuent de courir sur cette candidature et les appels des manifestants de Natitingou relèvent de la rumeur.

Mais nous savons tous ce que valent les rumeurs sous nos cieux. Excellents ballons d’essai, véritables appareils de sondage ; voilà ce à quoi s’apparentent les rumeurs au Bénin, en politique notamment. En conséquence, celles qui annoncent le retour sur scène de l’alter égo de Mathieu Kérékou qu’est le ministre Osho sont, à n’en pas douter, des signes avant-coureurs d’une réalité dont la manifestation concrète ne devrait pas être un serpent de mer. Mais pour quelles raisons s’intéresser à la candidature de M. Osho ?

Des raisons particulières

L’annonce de la candidature de Pierre Osho, à l’instar de toute nouvelle qui tombe avec brusquerie, peut être considérée comme une surprise, vu que cet homme, au lieu de s’annoncer à Cotonou ou ailleurs dans le pays, a préféré Natitingou, localité qui, a priori, n’est pas réputée ou connue comme politiquement acquise à l’homme ; quoiqu’il soit un Béninois et par conséquent libre de retenir, pour ses activités politiques, la zone géographique de son choix.

Seulement, Le choix de Natitingou (même si c’était Natitingou qui l’aurait sollicité) apparaît comme un symbole, sachant que cette ville est l’une des plus acquises au général Kérékou avec qui Osho, nonobstant sa démission de son poste ministériel sans l’agrément du Général à l’époque, garde certainement encore avec lui des liens amicaux susceptibles de booster et de renforcer, éventuellement, sa candidature. Et si Le soutien de Kérékou à la candidature de Pierre Osho arrivait à se concrétiser, ce pourrait être un événement politique plus ou moins retentissant.

Mais contre qui seront cette candidature et ce soutien, sachant qu’il est déjà avéré que le septentrion promet deux candidats  de taille au moins pour 2011, et que l’un et l’autre, à l’évidence, souhaiteraient bien l’avoir, chacun de son côté ? C’est une question qui continuera de chercher sa réponse, jusqu’à ce que cette candidature annoncée s’officialise.

La main de Kérékou ?

Le soutien de Mathieu kérékou à la candidature de Pierre Osho est déjà ruminé çà et là ; mais le stratège et fin politicien qu’est le Général n’est pas de nature à dire tout haut ce qu’il pense des candidats, quand il n’est pas en lice. La preuve. En 2006, son soutien ou non à un candidat n’a pas été révélé, quand bien même il a dû en soutenir un. Quoi qu’il en soit, Osho à Natitingou sans la bénédiction de Kérékou, c’est difficilement concevable.

Sébastien DOSSA

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