Acharnement contre le gouvernement sur les dossiers Cen-Sad et Sonapra : Les révélations de Gbadamassi sur Houngbédji, Amoussou, Saley et Zossou

Publié le par LE BENIN DOIT CHANGER

L’honorable Rachidi Gbadamassi s’est prononcé hier sur l’actualité politique nationale, à Parakou. Plusieurs sujets ont été abordés par l’ancien maire de la municipalité de Parakou au cours de sa conférence de presse. Notamment l’affaire Cen-Sad et la privatisation de la centrale d’achat des intrants agricoles. Il a d’abord salué le courage politique du chef de l’Etat qui a eu le mérite de rendre public les résultats du rapport et d’infliger des sanctions aux mis en cause dans l’affaire Cen-Sad avant de faire remarquer que Houngbédji est très mal placé pour donner de leçons de bonne gouvernance.

Par rapport à la privatisation de la centrale d’achat des intrants agricoles intervenue en 1990 par les soins de Bruno Amoussou et de Bio Tchané, alors ministre d’Etat et ministre des finances, preuve à l’appui, l’honorable a montré comment Amoussou et Tchané sont sérieusement impliqués dans les détournements de deniers publics et exige que ledit rapport soit rendu public pour que ces derniers répondent de leurs actes.

L’intégralité de la déclaration de Rachidi Gbadamassi

« Depuis un certain temps le débat politique a pris une autre tournure dans notre pays. La convivialité, la critique objective, l’animation saine de la vie politique nationale, le combat pour le développement et l’action dynamique pour la production de richesse ont déserté le forum. En lieu et place, on observe une discourtoisie totale de la part de certains acteurs, des jugements de valeurs, le machiavélisme politique, la mesquinerie et l’égoïsme de quelques leaders politiques qui ne songent même plus aux populations qu’ils sont sensés servir. Face à cette situation que je viens de décrire et face aux nouveaux enjeux politiques, il importe d’agir dans le sens de bien. En tant qu’animateur de la vie politique nationale, la responsabilité dont nous devons faire preuve par ces temps qui courent a pour objectif fondamental de préserver la paix, la concorde, l’unité nationale puis les acquis de l’historique conférence des Forces Vives de la Nation. Pour ce faire, mon intervention s’articulera essentiellement autour de trois grands points.

Mesdames et Messieurs, depuis peu, certaines personnes me traitent de régionaliste et d’ethnocentrique. On agit efficacement pour me coller cette étiquette qui est exactement le contraire de ce que je suis fondamentalement. Permettez-moi de parler de ma modeste personne, ce ne sera pas exagéré. Pour ceux qui ne le savent pas, ma progéniture est un produit hybride. En dehors de moi que vous connaissez, il y a également mon épouse dont les origines ethniques sont très éloignées des miennes. Si nous avons fait les choses ainsi, c’est parce que ni pour elle, ni pour moi ; l’ethnie, la région, la langue et la religion n’ont jamais été des critères fondamentaux dans notre union qui a résisté jusqu’à ce jour à toutes les formes d’assauts et de vicissitudes.

Les valeurs que je porte, qui m’ont façonné et qui se résument essentiellement aux valeurs nobles universelles, au pardon et à la tolérance, ce sont ces mêmes valeurs qui m’ont animé pour qu’en 2006 ; dans les conditions que vous savez, j’ai apporté tout mon soutien au président Bruno AMOUSSOU qui n’est pas de ma région. En le faisant, j’étais bien conscient qu’il avait très peu de chance d’être élu à la magistrature suprême. En ce moment, personne n’avait trouvé que je suis régionaliste. Lorsque je critiquais le gouvernement et m’acharnait contre le pouvoir du changement, personne n’avait guère trouvé que j’étais régionaliste. Mais aujourd’hui quand je recouvre la raison et toute la clairvoyance politique digne d’un homme politique de bonne foi, on me traite de tous les noms, on me colle les étiquettes les plus avilissantes. L’unique but visé est de discréditer ma personne auprès de mon électorat en vue de précipiter ma mort politique. Tout le monde comprend aujourd’hui que c’est un acharnement vain contre ma modeste personne.

Egalement dans la même perspective, je rappelle que lorsque j’étais à la tête de la commune de Parakou, mes actions ciblaient toutes les communautés qui y résident sans discrimination aucune. Parakou étant la cité la plus cosmopolite, je m’étais déployé pour que toutes les sensibilités politiques et toutes les composantes socio-ethniques soient représentées au sein du conseil communal. Mieux, au sein du conseil communal actuel, j’ai pesé de tout mon poids pour faire élire Michel ALLAVO qui n’est ni de ma région, ni de mon groupe ethnique, comme troisième adjoint au maire. Or il y avait cinq prétendants à ce poste et Michel ALLAVO était le seul sudiste. Il n’est pas utile de vous relater le martyre que j’ai souffert en faisant les choses ainsi. De plus, le Centre de Spectacles et de Loisirs du quartier Allaga, le quartier le plus fon de Parakou, est présentement en construction grâce au financement que j’ai personnelle débloqué. Je n’ai ni parent, ni famille dans ce quartier, je n’ai que des amis et des compatriotes avec qui j’ai le développement de ce pays comme souci commun sui résident à Allaga.

Gbadamassi n’est pas régionaliste

Ces quelques exemples suffisent largement pour attester que je ne suis nullement régionaliste et ethnocentrique. Je n’ai jamais tenu compte de ces critères qui donnent une vue étriquée des choses. Chez les autres, ce qui importe pour moi, ce sont les valeurs qu’ils portent, la conception qu’ils ont de la vie, les objectifs qu’ils visent et les moyens qu’ils se donnent pour y arriver. Je ne me suis jamais fait des préjugés sur la personne des autres dont je devrais me faire une idée stéréotypée. Je peux alors affirmer sans ambages que les personnes telles que Sacca FIKARA, Léon AHOSSI, Gaston ZOSSOU et consorts ne me connaissent nullement.

Le député parle du vrai visage de Houngbédji

De quoi il s’agit réellement aujourd’hui ? Par le passé, le Bénin a connu des coups d’Etats. De nos jours, il n’est plus possible de perpétrer des putschs. Alors, il est évident que tout doit se jouer dans l’ombre pour obtenir le pouvoir politique. Dans cette pratique, il y a quand même une limite à ne pas franchir au risque de faire basculer le pays, c’est ce que j’appelle précisément coup d’Etat politique. Le président Adrien HOUNGBEDJI qui est très assoiffé du pouvoir a toujours usé de tous les schémas machiavéliques depuis sa cohabitation avec le Général Mathieu KEREKOU. C’est dans la logique de la prise du pouvoir qu’il a suscité par le passé plusieurs candidatures dans le fief du Général KEREKOU telles que celle de Soulé DANKORO. Il s’est employé à diviser le FARD-ALAFIA et à l’opposer au CARD-DUNYAN. C’est dans la même perspective qu’il veut susciter pour 2011 la candidature de Salifou ISSA comme marionnette politique et surtout celle d’Abdoulaye BIO TCHANE. Son unique objectif est de déstabiliser le fief naturel du Général KEREKOU, en opposant les communautés les unes aux autres en vue de les confondre et de fragiliser leur unité communautaire qui est perçue jusqu’ici comme un atout politique. En opposant Boni YAYI, Chef de l’Etat à Abdoulaye BIO TCHANE, président de la BOAD, il ne peut plus avoir une entente et une bonne collaboration entre ces deux personnes qui, de mon point de vue, devraient former un bon tandem pour le développement du Bénin. Il est vrai que comparaison n’est pas raison. L’un devrait initier des projets de développement et l’autre devrait les étudier et mettre le financement à disposition. Si le fonctionnement de ce tandem était bloqué au Bénin, il marchera ailleurs. La conséquence logique est que le Bénin ne bénéficiera pas aisément de l’appui de la BOAD pour son développement. Cependant, le processus de développement des autres pays ne sera nullement bloqué. Le coup d’état politique engendrera ainsi un coup d’état économique et c’est le peuple qui en sera victime dans tous les cas.

C’est également ce même HOUNGBEDJI qui, tapi dans l’ombre, est en train de susciter la candidature d’un évangéliste qui se trouve actuellement à la tête d’une institution de renom. Le but visé est d’arracher l’électorat évangélistes au président Boni YAYI.

Ce serait un risque énorme de confier la destinée de ce pays à un homme qui n’a fait que fuir ses responsabilités durant toute sa carrière politique. Celui qui démissionne du poste de premier ministre au moment où le peuple a le plus besoin de lui. Il démissionne ensuite du poste de maire alors que les populations lui ont fait confiance. Ensuite, il devient un député peu exemplaire tout simplement parce qu’il est obsédé par le pouvoir suprême. Il est évident que celui-là n’ait pas une expérience approfondie de l’exercice du pouvoir d’Etat. Il est aisé de présager de là que cette personne n’hésiterait pas à démissionner de son poste de président de la République s’il était élu puisqu’il n’avait jamais appris à gérer les situations pénibles. Le vrai leader est celui qui assume ses responsabilités et qui fait preuve de promptitude de servir.

En politique, chacun a son fief et c’est le fief qui fait l’homme politique. Ne pas le reconnaître serait une façon de faire preuve de myopie intellectuelle, chose que le Général Mathieu KEREKOU a perçue en parlant d "intellectuels tarés". Ce n’est donc pas du régionalisme d’attirer l’attention sur ce qui peut constituer un objet de tiraillement et de tension.

Les donnés de leçons crucifiés

En matière de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, le dossier CEN SAD a ouvert la brèche pour l’opposition informelle qui a peint le pouvoir du changement complètement en noir. L’honnêteté nous amène à reconnaître deux mérites au Chef de l’Etat. Le premier est qu’il a eu le courage de discuter du rapport des audits en conseil des ministres et de le publier à l’attention du peuple béninois. Ensuite, le Chef de l’Etat a eu le courage de prendre des sanctions contre toutes les personnes impliquées dans ledit dossier. Tout porte à croire que le Chef de l’Etat n’a pas fini d’afficher sa bonne volonté et que les jours à venir nous édifieront certainement. Tout compte fait, la déclaration de l’ambassadeur de la Libye lève tout équivoque et met fin à toutes polémiques.

Dans le même registre, il y a un aspect important qu’il importe d’exhumer. Qui sont ceux qui parlent de lutte contre la corruption aujourd’hui ? Les vautours de l’opposition informelle, tous autant qu’ils sont, ont eu à gérer ce pays et nous savons de quoi ils ont été capables. Si c’est nécessaire, il faudrait que je vous rafraîchisse la mémoire.

La Sonapra rattrape Amoussou et Tchané

En considérant la SONAPRA, la Centrale d’Achat des Intrants a été privatisée en 1999. La centrale marchait très bien et comme preuve, sa rentabilité était estimée à près de 40 000 000 000 FCFA par an. Malgré cette belle performance, la centrale a été vendue dans le dos du Général Mathieu KEREKOU pendant que ce dernier était en voyage. Le décret n° 99-537 du 17 novembre 1999 portant transfert au secteur privé de la responsabilité de l’organisation des consultations pour l’approvisionnement en intrants agricoles a été signé et contresigné par un ancien ministre d’Etat et Chef de l’Etat par intérim qui se réfugie aujourd’hui au parlement. A également signé et contresigné un ancien ministre qui, aujourd’hui, coure dans tous les sens pour accéder à la Magistrature Suprême.

La même société est aujourd’hui objet d’accusation à l’endroit d’un de ses anciens directeurs présumé détourneur de 50 000 000 000. Le contenu du rapport des commissaires aux comptes de la SONAPRA a pris en compte une période de dix ans avant la nomination de Nicaise FAGNON à la tête de la SONAPRA. Le rapport de contre-expertise n’a pas démontré le contraire. Il a fait état de ce que les conclusions abouties par les commissaires aux comptes de la SONAPRA devraient être encore plus approfondies vu les pièces justificatives sur lesquelles ils sont tombés durant leurs investigations.

Mesdames et Messieurs, la commission ad’ hoc créée par le décret n°2005-081 du 1er mars 2005 chargée de vérifier les conditions d’acquisition et d’utilisation du crédit relai de 20 000 000 000 a produit son rapport attestant de l’inopportunité du recourir à un crédit garanti par l’Etat puisque la société disposait dans ses magasins de stocks suffisants dont la vente permettrait de dénouer la crise en anticipation d’une avance sur ses stocks. Par conséquent, ledit rapport a, d’emblée, épinglé nos présumés gendarmes justiciers de lutte contre la corruption qui sont aujourd’hui tous à l’Assemblée Nationale et membres de l’opposition informelle relevant des G et F.

Par ailleurs, la convention de gestion de crédit de la SONAPRA fixée par le décret n° 0897-04 du 20 mai 2005 attestent clairement que certains députés, qui aujourd’hui, se réfugient au parlement et portant l’amure de l’immunité doivent d’énormes milliards à la SONAPRA. Nous les connaissons bien et en temps opportun, ils seront cités nommément. Ce sont eux les rois dénudés dont les têtes sont plus pourries que la tête de poisson dont ils parlaient. On connaît très bien les leaders actuels de l’opposition informelle et des députés qui se partageaient 100 000 000 F CFA issus des fonds de l’escorte toutes les semaines.

Gaston Zossou a eu sa dose

Le ministre Gaston ZOSSOU, dans un entretien accordé à Canal3 le 19 juillet dernier n’a pas convaincu l’opinion publique béninoise. Il est resté entièrement flou et mal structuré sur les dossiers clé par rapport auxquels l’on le soupçonnait pendant qu’il était aux affaires. Le scandale TITAN, le partenariat hasardeux imposé à l’OPT qui jusqu’ici n’est pas encore enregistré depuis sa renaissance, l’ouverture anarchique, la gestion désordonnée du secteur des télécommunications, le flou dans la première tentative de privatisation de la branche télécom de l’OPT, la prestation du Cabinet BETA et bien d’autres dossiers importants qui augurent des contre-performances de ce dernier.

Signalons que c’est sous lui qu’un opérateur GSM, actuellement député à l’assemblée nationale reste devoir jusqu’à ce jour plus de 6 000 000 000 à l’OPT. C’est pour cette raison que le ministre Gaston ZOSSOU est très mal placé pour donner des leçons de bonnes gouvernances et de gouvernance politique au régime en place. « Les grands diseurs ne sont pas les grands faiseurs.

La révolution des mœurs

Mesdames et Messieurs, l’avènement du président Boni YAYI au pouvoir a annoncé la révolution des mœurs. Le peuple a cru en lui et pour rien au monde, il ne doit le décevoir. C’est pour cette raison que nous lui demandons de faire rendre gorge à tous ceux qui ont pillé l’économie nationale et qui continuent par se pavaner. Il est temps d’arrêter la saignée en mettant chacun face à ses responsabilités.

De tous les opposants à tous les niveaux, après les critiques acerbes, le gouvernement et le peuple attendent véritablement d’eux des propositions concrètes qui puissent nous aider à sortir d’affaire. Tous auront ainsi contribué au développement de notre chère patrie.

Le peuple béninois est, de tout temps, resté uni et en harmonie avec les forces du bien. Il importe pour nous tous du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et au Centre de nous mettre résolument ensemble pour construire ce pays qui est le seul que nous avons en commun.

Tout en espérant que la raison habitera les cœurs, que le feu du patriotisme ne cessera guère de brûler en nous et que l’amour remplira tout notre être, je demande à tous les enfants du Bénin de veiller comme la sentinelle. »
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