Gestion au sommet de l’Etat : Boni Yayi, le pouvoir et la raison

Publié le par LE BENIN DOIT CHANGER

La relation au pouvoir dans les sociétés africaines n’a pas toujours épousé la forme et les clichés imposés ou en vigueur dans les sociétés occidentales, les peuples n’ayant pas la même histoire d’un bout à l’autre de la planète terre. Dans l’entendement des sociétés africaines, on a coutume de dire que deux crocodiles ne sauraient cohabitées et évoluées dans le même marigot.

 
C’est d’ailleurs l’un des enjeux de la vie politique mouvementée dans la quasi-totalité des Etats du continent. Et le Bénin, malgré sa jeune démocratie, n’échappe pas totalement à cette réalité. Un fait qui ne tient pas sa source d’une volonté de remise en cause par les dirigeants actuels de l’ordre démocratique et constitutionnel en vigueur au Bénin depuis la conférence des forces vives de la nation de février 90 mais d’une conception congénitale du pouvoir chez l’africain.


En cela, pour dire que les mesures d’endurcissement prises par Boni Yayi à un moment donné ne sont rien d’autres que des moyens légitimes de consolider son pouvoir. 


On reproche en effet au chef de l’Etat, sa tendance à vouloir contrôler tout ce qu’il y a comme parcelle de pouvoir et l’on est allé jusqu’à le taxer de posséder des relents dictatoriaux l’affublant de critiques acerbes sur fonds de dénonciations qui cachent parfois des intentions inavouées et une envie certaine de régler des comptes politiques.


Or, tout bien considéré, Boni Yayi n’avait-il pas besoin à un moment donné de renforcer l’autorité de l’Etat face aux dysfonctionnement monstres et généralisés dans l’administration et dans les principaux secteurs vitaux de l’économie nationale ?


Pouvait-il réussir à mettre en œuvre sa politique gouvernementale et sa vision de faire du Bénin un pays émergent sans imposer une certaine rigueur et s’apprivoiser tous les atouts à sa disposition? Peut-il mettre les béninois au travail et les amener à changer de comportement et abandonner les mauvaises pratiques sans un minimum de pression ?


C’est plutôt la lecture qu’il convient de faire de la gestion du chef de l’Etat qui porte en elle le germe d’une certaine ambition de placer le Bénin sur l’orbite d’un développement harmonieux et durable. Une volonté qui s’imposait pour régler le déficit de gouvernance où tout allait à veau l’eau et le pays, sur une pente dangereuse.


Il n’y a qu’à voir la réaction des béninois, chaque fois que des réformes sont mises en œuvre dans tous les domaines où le chef de l’Etat a pris le risque de botter dans la fourmilière, pour s’apercevoir le gouffre profond existant dans le pays face à la politique hasardeuse et légère de ses prédécesseurs.

 
Car en réalité, des sacrifices sont nécessaires si l’on veut réellement relever les défis qui s’imposent à notre pays. Cela y va du respect de l’Etat de droit et de la responsabilité des différentes composantes de la nation.

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