SITUATION POLITIQUE NATIONALE : Quelle chance pour le dialogue national aujourd’hui ?

Publié le par LE BENIN DOIT CHANGER

L’idée d’un dialogue national, agitée il y a quelques mois, a-t-elle encore quelque chance de se concrétiser aujourd’hui ? Hum… Cette question s’apparente à une réelle énigme à l’heure actuelle, au regard de l’évolution des relations entre le pouvoir, initiateur de l’idée, et le reste de la classe politique nationale. Si ce dialogue, nécessaire tout de même, réussissait à faire le chemin jusqu’à sa concrétisation, ce serait miracle.


Car, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui soutiennent l’action du président Boni yayi et les opposants non déclarés donnent l’impression d’être si braqués les uns contre les autres qu’une détente pouvant favoriser le dialogue annoncé semble a priori difficile à envisager. A moins vraiment que les échauffements d’esprit consécutifs au phénomène de débauchage tous azimuts de députés qui s’observe actuellement baisse de forme, ou que les deux camps fassent l’extraordinaire effort de transcender le débat politicien tel qu’il se mène actuellement, le dialogue national ne serait qu’un vœu pieux, une idée mort-née, une démarche salutaire mais étouffée dans l’œuf. Et ce serait dommage que la classe politique béninoise en arrive à décapiter dans le nid cet oiseau qui aurait pu prendre son envol, et qui aurait pu annoncer des nouvelles de bon augure pour ce peuple qui, une fois encore, aurait démontré à l’Afrique et à la communauté internationale sa capacité à surmonter les clivages politiques qui, sous d’autres cieux, ont été source de grand malheur. La logique de l’historique conférence nationale des forces vives aurait continué de prévaloir, pour le bonheur de tous les Béninois.


Seulement, la logique politicienne qui s’est emparée des hommes politiques béninois, à deux ans des échéances électorales de 2011, laisse trop peu de marge au raisonnement qui fait de la détente la condition sine qua non d’une marche pacifique vers ces élections excessivement sensibles et particulièrement prisées de part et d’autre.

Ce n’est pas de la prémonition, ni une manière de diaboliser la classe politique nationale qui, après tout, ne fait pas craindre le pire au point d’alarmer le peuple béninois par rapport à d’éventuelles menaces sur sa quiétude. Soyons simplement positifs, et croisons les doigts que le Béninois demeure celui-là que la raison finit toujours par dominer et qui, nonobstant la tension et les risques de dérive, fait finalement plus de peur que de mal.

S’agissant donc de dialogue national, ce forum politique, hier pressenti pour réunir le fleuron politique béninois afin qu’un minimum de détente et d’apaisement politique succède à la tension et la polémique ambiantes, prend aujourd’hui les formes d’un serpent de mer, ni plus ni moins. On en conclut que cette rencontre politique n’a en réalité plus la moindre chance de se tenir.

Sébastien DOSSA

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article