Marche des adeptes du culte vodou contre le maire de Ouidah : Séverin Adjovi, en très mauvaise posture
Depuis Samedi dernier les populations de la commune de Ouidah ont entamé une marche de trois jours renouvelable pour exiger le départ du maire Séverin Adjovi de la tête de la commune. Alors que la mobilisation était à son paroxysme les deux premiers jours, au troisième, la manifestation aura connu quelques bouleversements.
Une volonté affichée de l’autorité locale de brimer les populations dans leur droit de manifester. Ce que revendiquent les populations de Ouidah, c’est le respect pure et simple d’un principe cardinal qui régit le culte vodou et qui interdit d’appeler un grand dignitaire par un nom outre que celui qu’il a reçu dès son intronisation.
Dans le cas d’espèce, le maire Séverin Adjovi, ayant pris le risque - car étant un natif de la cité - d’appeler le Daagbo Hounon Tomadjrèhoukpon Mintogbokandji, par le nom qu’il portait avant son intronisation, a franchi le rubicond et à ce titre il se retrouve dans le collimateur des dignitaires Vodou de Ouidah.
La marche entreprise par les populations de Ouidah pour réclamer le départ du maire Séverin Adjovi apparaît donc comme le souci légitime de ces dernières de préserver un héritage ancestral qui fait la renommée et la fierté de la cité du vodou.
Mais comme on pouvait s’y attendre, le maire Séverin Adjovi comme toujours a décidé de braver l’autorité du Daagbo Hounon, en refusant de faire amande honorable et de vider le plancher.
Le lundi dernier, le dernier jour de la marche, les populations qui se sont regroupées devant le domicile du maire ont été surprises par les éléments de la police nationale en faction qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Ce geste des policiers de Ouidah, au regard des manifestants, témoigne du mépris que le maire voue à leur endroit.
C’est dire qu’entre les populations de Ouidah et le maire Séverin Adjovi, le divorce est consommé. Et l’homme de ce fait, se retrouve en très mauvaise posture.
K. H.