CANDIDATURE UNIQUE POUR 2011 AU SEIN DE L’INTERGROUPE G4 ET FORCE CLE : Les illusions de Me Adrien Houngbédji

Publié le par LE BENIN DOIT CHANGER

Le leader incontesté du Parti du renouveau démocratique (Prd), secret de polichinelle, bat des pieds et des mains pour être le candidat unique de l’intergroupe G4 et Force clé pour la présidentielle qui aura lieu dans deux ans. Un projet à haut risque qui, compte tenu de nombreuses raisons, a peu de chance d’aboutir.

Candidat malheureux lors de la dernière présidentielle où il était en face de Boni Yayi, le président Adrien Houngbédji ne semble pas démordre. Ayant pris leçon de ses nombreux échecs depuis la conférence nationale des forces vives, le candidat pense avoir trouvé la meilleure stratégie pour parvenir à la magistrature suprême. Il croit qu’en réunissant les forces politiques de la région méridionale autour de sa personne cela lui portera beaucoup plus bonheur que les fois précédentes. C’est la raison pour laquelle, il a pris une part active dans la rencontre de Bohicon et dans toutes les initiatives qui pourraient amener à dégager un front commun face à Yayi Boni en 2011.

En s’appuyant sur la cristallisation des antagonismes entre les forces politiques ayant contribué à l’avènement de l’actuel pouvoir, il croit  que cela est bien possible. C’est pourquoi, on le voit se démener comme un beau diable avec l’énergie du désespoir pour parcourir régulièrement les états-majors des partis politiques hostiles au régime actuel. C’est ainsi que les rencontres et les déjeuners se multiplient avec la Renaissance du Bénin (Rb) de Nicéphore Soglo, son adversaire d’hier, le Madep, de Séfou Fagbohoun , le Psd d’Amoussou Bruno et Force Clé de Lazare Sèhouéto. Il espère à bon droit qu’il pourrait emporter l’adhésion au sein  de cet intergroupe pour représenter leurs espoirs d’ici à deux ans. En somme, il s’accroche à cette idée comme une bouée de sauvetage au point de paraître pathétique.  Car subissant les assauts répétés du jeune Léhady Soglo qui, tout en faisant l’effort de maintenir un semblant de cohésion au sein du G4,  travaille d’abord pour lui-même.

Tenir compte du contexte sociologique et politique national

Rien, au stade actuel des velléités ne permet d’accréditer la thèse de candidature unique à la présidentielle de 2011 au sein de l’opposition. Primo, le premier adjoint au maire pense dans son for intérieur et c’est ce qui justifie son indépendance d’esprit d’ailleurs que l’idée de la création du G4 et de la rencontre historique de Bohicon est d’abord son initiative personnelle. Il pense également que la Rb a payé le prix fort dans sa fronde à Boni Yayi en refusant les propositions alléchantes du pouvoir actuel qui aurait tout donné pour s’octroyer sa faveur. Secondo, il croit dur comme fer que l’ère Obama va bientôt souffler sur le continent africain avec la candidature des jeunes ambitieux. 

Tertio, même si tout se fait au sein de l’intergroupe pour donner un semblant de cohésion face au pouvoir en place, il n’en reste pas moins que cet ensemble est miné par la guerre de leadership, et des intérêts politiques divergents qu’un seul candidat ne saurait concilier. A titre d’illustration, Fagbohoun se bat pour le remboursement d’une créance de 13 milliards de F Cfa que l’Etat lui devrait concernant le relais de l’aéroport, une affaire pendante devant la justice. Bruno Amoussou dévoile un peu ses ambitions dans son dernier livre, fresque historique qui s’arrête en 1972 et dont il dira que son combat désormais c’est pour l’Afrique. Sèhouéto est bien trop futé pour laisser le terrain libre à la Rb avec, comme porte flambeau pour la présidence, le fils Léhady avec qui il partage les mêmes terres d’élection.

Chacun face à son destin

Au demeurant, on peut estimer qu’à l’issue de primaires le bon sens voudrait que le choix de l’intergroupe aille  à un homme d’expérience comme Houngbédji pour défendre les couleurs de l’Opposition. Or, que fait Me Houngbédji depuis la défaite pour mériter le statut d’opposant susceptible de proposer un programme alternatif ? Quelle est sa position sur les grands débats nationaux ? Mystère.  Il n’est même pas visible au parlement. Quelle est la loi aujourd’hui qui porte son nom  à l’Assemblée nationale ? Comment peut-il porter les espoirs de tout un peuple s’il  se comporte simplement comme quelqu’un qui vient au banquet quand la nappe est dressée et que les plats sont déjà cuisinés par autrui.

Il y a quelque chose de gênant dans cette attitude opportuniste où le candidat refuse de  s’engager sérieusement dans la bataille de recevoir des coups et d’en donner alors qu’il a tout pour réussir. La ville de Porto-Novo, seule dans laquelle il perd  du terrain, ne suffit pas pour élire un président de la République. Il n’est jamais là où  les populations  l’attendent. Il va partout sauf là où il devrait normalement être. Visiblement, le candidat du Prd se perd dans des illusions. A supposer que dans le meilleur des cas, l’intergroupe l’adopte comme candidature unique, les populations d’Abomey et de Cotonou vont-elles suivre la consigne de vote ?  Si c’était Léhady Soglo qui était choisi comme candidat unique, les populations de l’Ouémé iraient-elles dans le sens de leurs leaders ? Notre histoire politique récente y compris la culture béninoise ne permet pas de rêver d’une telle solidarité ethnique et culturelle.

Le mythe de l’invincibilité du septentrion est dépassé. Soglo Nicéphore a bien gagné contre Mathieu Kérékou en 1996. Mais il se trouve que le Nord aura sa candidature dissidente avec le G13 qui, très tôt,  a annoncé les couleurs avec Abdoulaye Bio-Tchané qui va disputer certains  fiefs du septentrion contre Boni Yayi avec plus ou moins de bonheur. Tout se jouera donc au second tour. Chaque candidat aura à gagner face à son destin.

Source : Nouvelle expression

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