Bio Tchané veut inutilement diviser le Nord
Comme si la boad était une machine à couver des présidents de la République, et sans trop réfléchir, son actuel président se jette dans la course pour 2011, prêt à défier Boni Yayi. C’est son droit le plus absolu. Mais, il n’est pas évident que le Nord, qui ne sait pas trahir et qui a déjà adopté son Joker Boni Yayi après le départ de Kérékou, plaide la partition Abdoulaye Bio Tchané, en si peu de temps.
Il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’actuel président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) est tombé dans un piège à con en prenant sur lui de se présenter à l’échéance 2011, prêt à affronter l’actuel locataire du palais de la Marina. Ceux qui savent lire dans les intentions peuvent bien témoigner que ce dernier n’a pas pris la décision de son propre chef. Loin s’en faut. S’il avait été maître de sa pensée, il se serait dédié d’affronter un frère et à la fois confrère. Il est donc claire que c’est l’œuvre d’impénitents démarcheurs qui puent la haine viscérale contre Yayi Boni qui sont allés le débaucher par pur esprit de vengeance. Seulement, ce saut dans l’inconnu risque bien de tourner au ridicule. Car, l’essentiel n’est pas que de poser sa candidature, mais de réussir. Sur ce plan, les observateurs attentifs de l’arène politique nationale s’accordent pour dire que les conditions qui ont permis à Boni YAYI d’accéder au pouvoir en 2006 ne sont pas du tout réunies pour faire réussir Abdoulaye Bio TCHANE. Et pour cause.
Le cas Boni Yayi
Trois conditions ont permis, dans le contexte de 2006, à Boni Yayi de réussir son épreuve présidentielle. D’abord, en 2006 la vieille classe politique était vouée aux gémonies de toutes critiques acerbes. Compte tenu des difficultés économiques, les populations ont, semble-t-il, fait l’option d’un homme neuf, intègre et lavé de tout soupçon.
De deux, cette option coïncidait avec le départ du Président Mathieu Kérékou. En effet depuis 1972 jusqu’en 2006, le Nord ne respirait, ne jurait que par le nom du Président Mathieu Kérékou. Après son départ le Nord était à la recherche d’un autre candidat. Ainsi, après avoir pesé et sous-pesé la candidature de Boni Yayi, le Nord a fini par l’adopter. Le vide est aussi comblé, peut-on dire.
Enfin, à tous ces facteurs favorables s’ajoute la prestance de l’homme lui-même. De fait, ceux qui pensent que le Président Boni Yayi est le fruit d’une génération spontanée se trompent. Car le Président de la BOAD il s’est sérieusement investi pour son pays en négociant la construction de centres communautaires, l’érection d’infrastructures d’utilité publique. C’est donc à petit pas que l’ex-président de la BOAD a su se faire une place dans la conscience populaire nationale. Cela participe donc de sa carrure, de son mérite personnels.
Au demeurant, c’est l’ensemble de ces conditions psychologiques qui ont permis à Boni Yayi de boucler les voix aux dernières élections.
Aujourd’hui, aucune de ces conditions n’est réunie.
Abdoulaye est sans boussole et risque de naviguer dans le vide, sauf à glaner des voix juste pour fragiliser le Nord. C’est sûr, il réussira à aguicher certains inconditionnels avec ses planches de billets. Mais jamais ces voix ne suffiront à arracher Boni Yayi dans la conscience populaire du septentrion. Encore que le Nord a toujours fait preuve de fidélité légendaire en opposition au centre et au sud qui sont toujours entichés dans les querelles de clocher.
Source : Quotidien d’informations L’Engagement : La Gazette du Bénin